Justin Godart, ancien ministre de la santé et Bernard Flursheim, chargé après la démobilisation de réorganiser la Croix-Rouge américaine et de distribuer en Europe des dons importants, se connaissent et s’estiment mutuellement depuis 1915. Cette amitié franco-américaine donnera le jour à un projet ambitieux : la Fondation, avec la collaboration du Docteur Winchester du Bouchet.
En 1926, Bernard Flursheim fait part à Justin Godart de son souhait d’édifier à l’exemple de ce qui existe à Boston, un hôpital de 350 chambres individuelles pour les classes moyennes – auquel serait adjoint une école d’infirmières.
Premier Président et l’un des pères de la Fondation. Un humaniste et un visionnaire.
Né en 1871 à Lyon, docteur en droit en 1901, il devient avocat.
1904, il est adjoint au maire de Lyon, puis élu député en 1906. Il le restera pendant 22 ans, jusqu’en 1927.
De 1915 à 1918, comme sous-secrétaire d’Etat à la Guerre, il dirige le service de santé militaire. En 1918, il créé la Ligue française contre le cancer dont il sera président jusqu’en 1956.
En 1924-1925 il est ministre du Travail et de l’Hygiène. Préoccupé par le sort des juifs, il crée en 1925 l’Association France-Palestine, et dénoncera la montée de l’hitlérisme contre le pacifisme ambiant en votant en 1940 contre les pleins pouvoirs.
En 1927, il entre au Sénat, où il restera, régulièrement réélu, jusqu’à sa mort en 1956, à 85 ans.
En 1934, il est nommé président du Bureau International du Travail à Genève.
Mars 1939 voit son élection à l’Académie de médecine. En 1940, il entre dans la clandestinité et est recherché par la Gestapo.
A la libération, à 73 ans, il est maire de Lyon et, en 1948, président du B.I.T. à San Francisco.
Le 29 mars 2004, il est reconnu « Juste parmi les nations »
En 2006, une place « Justin Godart » est inaugurée par la Ville de Paris dans le 6ème arrondissement.
Voir Justin Godart, fondateur de l’hôpital Foch (Foch Info n°2),
Justin Godart au service de la santé militaire (Foch Info n°4),
par François Bilange
Voir justin Godart sur wikipedia
Célèbre mécène de la première moitié du XXème siècle, la Princesse Edmond de Polignac, née Winaretta Singer, est l’une des grandes donatrices de la Fondation. De mère française, son père, fils d’émigré allemand, est le concepteur de la célèbre machine à coudre qui lui rapportera une fortune considérable. A la mort de son père, sa famille s’installe à Paris, où Winaretta Singer découvre le monde des arts.
Elle épouse en 1893 Edmond de Polignac, qui partage son goût pour la musique. A Paris, leur salon sera réputé pour être l’un des plus brillants de la capitale.
Des musiciens, des peintres, des œuvres philanthropiques nombreuses bénéficièrent de ses largesses.
Consuelo Vanderbilt naît en 1877 à New York. C’est à Londres, où elle s’installera, qu’elle épouse le duc de Malborough. Elle se consacre pleinement à des activités sociales et politiques. En 1914, elle devient présidente d’un groupe de femmes qui collecte des fonds pour construire un hôpital pour les blessés de guerre. Trésorière de « Woman’s Emergency Corps », elle entraîne les femmes volontaires à prendre le relai des hommes dans la vie du pays. Elle organise et gère un hôpital de 400 lits.
Elle se remarie avec le colonel Jacques Balsan en 1921. En 1926, elle se lance dans la campagne de recherche de fonds pour la construction et l’équipement de l’hôpital Foch. Le couple étant sur une liste d’otages des nazis quitte la France en 1940.
Elle reçut en 1931 les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur.
Le pavillon central de l’hôpital, le pavillon Balsan, est dédié à la mémoire de Consuelo Vanderbilt.
lire l’hommage à ces deux illustres donatrices par Isabelle Sturdza et Antoine Balsan.
Foch Info n°6